3 - Le bioéthanol

Il est identique à de l'alcool de bouche. Il est produit à partir de végétaux, d'où son appellation de "bio". On peut en ajouter dans l'essence à hauteur de 22 à 25% sans autre modification du moteur. En octobre 2004, le Département fédéral des finances à accordé une détaxe de 100% pour le bioéthanol produit en Suisse. Il sera mélangé à hauteur de 5% à de l'essence et portera le nom d'essEnce5. Ce nouveau carburant est similaire à de l'essence sans plomb et est totalement compatible avec tous les véhicules à essence. Il est commercialisé depuis début 2005.

Le bioéthanol est de l'alcool éthylique (ou éthanol), identique par sa composition à l'alcool de bouche. Il existe deux façons principales de produire de l'éthanol: par synthèse à partir de d'hydrocarbures et à partir de biomasse. Seule cette deuxième façon de procéder mérite l'appellation "bioéthanol".

L'éthanol est produit de longue date dans le monde entier en tant que matière première pour de nombreux produits. Le Brésil a joué un rôle de pionnier dans ce domaine: dans ce pays, plus de 14 millions de véhicules fonctionnent à l'éthanol ou au moyen d'un mélange essence/éthanol. La canne à sucre ne manque pas dans le plus grand pays d'Amérique du Sud et c'est elle qui sert de matière première à la production d'éthanol.

La production mondiale d'éthanol a été estimée à quelque 33,3 milliards de litres en 1998. Parmi les gros producteurs figurent le Brésil (14,5 milliards de litres), les USA (5,7 milliards de litres), l'Asie (5,9 milliards de litres) et l'Europe (4,6 milliards de litres).
La première crise pétrolière de 1973/74 a constitué le déclic nécessaire à la production de masse de l'éthanol carburant au Brésil. Puis la seconde crise pétrolière, en 1979, lui a donné un coup de fouet. La canne à sucre était déjà une matière première largement disponible à l'époque. En raison du prix élevé du baril de pétrole, le programme national proálcool a été lancé à fin 1975 en vue de fournir une énergie de substitution. Le projet se fondait sur des considérations politiques et économiques et poursuivait les objectifs suivants:

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diminution des coûts d'importation de produits énergétiques tirés du pétrole en vue d'améliorer la balance des paiements
création d'emplois pour lutter contre le chômage
constitution d'un marché de substitution pour l'industrie sucrière en cas d'effondrement des prix
réduction de la pollution urbaine par une diminution de la consommation d'essence

Les firmes automobiles se sont mises à produire des véhicules avec des moteurs fonctionnant uniquement à l'alcool hydrique. On peut également ajouter de l'éthanol anhydrique à l'essence. Ce mélange, où la part d'éthanol peut aller jusqu'à 22-25%, peut être utilisé sans grande modification dans pratiquement tous les moteurs.

En Suisse
Le projet etha+ est un concept, proposé et soutenu par Alcosuisse (centre de profit de la Régie fédérale des alcools), qui poursuit les objectifs suivants :

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remplacer avant 2010 l'intégralité de l'essence vendue en Suisse par de l'essEnce5 (mélange comprenant 95% d'essence traditionnelle et 5% de bioéthanol)
produire une partie de l'éthanol nécessaire aux besoins de la Suisse à partir de surplus agricoles et de matériaux ligno-cellulosiques
ouvrir de nouvelles voies aux traitements des déchets et surplus agricoles (nouveaux marchés pour l'agriculture suisse) et des débouchés valables pour l'éthanol

La comparaison des besoins en combustible fossile (pétrole brut) et des émissions de CO2 d'un litre d'éthanol et d'un litre d'essence montre des résultats bien différents :

Produire un litre d'essence nécessite 1.36 litre de pétrole brut, alors que la production d'un litre d'éthanol n'en implique que 0.33 litre.
Les phases de production et de combustion d'un litre d'essence engendrent une émission de 3 kg de CO2eq, alors que ce chiffre tombe à 0.6 kg pour un litre d'éthanol (de la culture de la plante à la combustion du carburant).


En Suisse, les coûts de production des matières agricoles sont en général supérieurs aux prix du marché mondial. Dans les conditions actuelles, des cultures intensives dédiées à la production d'éthanol ne sauraient être rentables. L'utilisation de bonnes terres à cette fin irait également à contresens de la politique agricole et environnementale de la Suisse. Par contre, l'utilisation de déchets agricoles et de surproductions «techniques» offre des perspectives intéressantes en raison de leur prix réduit et permet de résoudre durablement les problèmes posés par l'élimination et la valorisation de ces matières. D'autre part, le développement de la production d'éthanol montre que la capacité des unités de production doit dépasser quelque 1'000 hl/jour (30 millions l/an) pour être compétitive.

Une telle usine de production de bioéthanol en Suisse permettrait de fournir 45 millions de litres par année, soit une quantité suffisante pour couvrir 20% des besoins de la Suisse en essence. Cette unité, appelée «Usine multi-matières premières», serait à même de transformer différentes matières premières (pommes de terre déclassées, mélasse de betteraves, déchets de meuneries, petit-lait) en éthanol, au gré des saisons et des disponibilités.

Quatre bonnes raisons de s'engager dans le projet etha+

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Contribuer à une diminution significative des émissions de CO2 et de l'effet de serre
Soutenir l'agriculture suisse en situation difficile
Contribuer au développement durable
Sécuriser l'approvisionnement énergétique de la Suisse.