Organisme Génétiquement Modifié (OGM)
Le cas des végétaux

 

Introduction
De tout temps, l'homme a opéré des croisements entre diverses variétés de plantes pour les rendre plus résistantes aux maladies et aux insectes ou augmenter leur rendement ou leur qualité. Mais en définitive, c'est la nature qui décidait si oui ou non le croisement pouvait avoir lieu. Aujourd'hui, le génie génétique force ces croisements en introduisant un gène directement dans le patrimoine génétique de la plante. De cette manière, on obtient des croisements qui auraient été impossibles dans la nature. Ecologie libérale se propose de mener une réflexion sur le sujet selon l'état des connaissances scientifiques.

La plante résistante aux insectes
On peut rendre des plantes résistantes à des insectes par des manipulations génétiques. A priori, cette découverte peut nous satisfaire puisqu'elle devrait permettre d'utiliser beaucoup moins d'insecticides, voire plus du tout. Mais il faut pousser un peu la réflexion.

Prenons l'exemple de Bacillus thuringiensis (Bt), une bactérie du sol possédant un gène au pouvoir insecticide. Ce gène a été transféré dans plusieurs variétés de maïs, coton et pomme de terre. Il a donc été dispersé sur plusieurs milliers d'hectares. On a constaté que sa résistance s'intensifie d'une génération à l'autre dans les populations d'insectes, ce qui ruine l'agriculture biologique, qui traite traditionnellement avec des solutions de Bt naturel. D'autre part, une plante transgénique produira du Bt tout au long de son existence, ce qui représente un traitement équivalent à 10'000 fois ce qu'utiliserait un agriculteur de manière intensive. Il est préférable de traiter à un moment précis, en visant plus spécifiquement un type d'insecte, en l'occurrence la pyrale. Avec ce modèle de production de Bt continu, de nombreux insectes sont tués sans discernement, dont les larves de chrysopes, prédatrices naturelles de la pyrale. Une étude datant de 1999, publiée dans Nature, a également démontré que le pollen issu de maïs transgénique pouvait être toxique pour les larves du monarque, un papillon migrateur d'Amérique.

Ce n'est pas le seul problème de ce type d'OGM. Une sérieuse interrogation réside dans la non-toxicité de ces végétaux pour la santé humaine. Actuellement, la loi n'oblige les producteurs d'OGM qu'à tester la substance supplémentaire que la plante produit. Alors que tous les scientifiques savent très bien que lorsque l'on opère une manipulation génétique sur une plante, plusieurs facteurs sont modifiés, dont beaucoup ne sont pas maîtrisés. Par exemple, un chercheur du Rowett Research Institute (GB), dont les résultats ont été publiés dans The Lancet, a nourri deux groupes de rats avec deux sortes de pommes de terre: les premières génétiquement modifiées pour produire des lectines (une famille de protéines insecticides que l'on trouve dans certaines variétés de haricots), et les secondes enrichies en lectines. Résultat: les rats nourris de tubercules transgéniques ont vu certains de leurs organes, dont le foie, s'atrophier.

Nous ne pouvons en déduire que la consommation de ces pommes de terre induira un tel effet sur l'homme; mais aucune étude n'a prouvé sa non-toxicité sur la santé humaine. Les scientifiques s'inquiètent aussi d'une possible flambée allergique dans les années à venir. Car les protéines sont à l'origine de nombreuses allergies et ce sont également elles qui sont utilisées comme insecticide dans les plantes. Si on augmente leur quantité dans les plantes destinées à l'alimentation humaine, on pourrait déclencher de nombreux nouveaux cas d'allergie.

Les plantes résistantes aux herbicides

Les mauvaises herbes se glissant au milieu des champs constituent depuis toujours un problème pour les agriculteurs. L'industrie agrochimique propose alors de rendre les céréales résistantes aux herbicides afin de pouvoir en pulvériser directement sur les cultures. Cette catégorie d'OGM représente plus de 80% du marché. Là aussi, il est nécessaire de pousser un peu la réflexion.

Prenons le cas du colza. Dans les champs de colza pousse une mauvaise herbe appartenant à la même espèce. De ce fait, il est impossible, d'un point de vue chimique, de trouver un herbicide sélectif qui permettrait de détruire l'un sans détruire l'autre. C'est là que l'industrie agrochimique intervient, en créant un colza transgénique qui résiste à l'herbicide Round up®. Des essais en plein champ ont été réalisés en Grande-Bretagne. Au début, tout a bien été. Mais à peine trois ans après la culture de ce colza, on s'est aperçu que la mauvaise herbe développait une résistance à l'herbicide. Résultat: les mauvaises herbes sont devenues résistantes aux herbicides, alors que seul le colza devait l'être. Sur la base des chiffres publiés par le Ministère de l'agriculture Américain (USDA) – que l'on ne peut suspecter d'être opposé aux OGM –, Ch. Benbrook, de l'Académie américaine des sciences naturelles, estime que les cultures de soja, maïs, colza et coton génétiquement modifiés pour résister à des herbicides ont nécessité l'utilisation de 32'000 tonnes supplémentaires de pesticides durant les huit dernières années de culture OGM. Et il en faut chaque année plus. A l'inverse, les cultures de maïs et de coton, génétiquement modifiés pour les faire sécréter une toxine tuant d'éventuels insectes prédateurs, ont permis de réduire la quantité d'insecticides de 8'800 tonnes. Il faut cependant remarquer que les quantités de toxines secrétées par chaque cellule des plantes génétiquement modifiées ne sont pas prises en compte dans le calcul.

Le gène Terminator
Les industries de l'agrochimie produisent de plus en plus d'OGM contenant un gène appelé Terminator. Cela signifie que les graines issues de la germination de ces plantes seront stériles. Cette mesure vise uniquement à rendre l'agriculteur totalement dépendant de la firme et l'obliger, chaque année, à acheter des nouvelles semences. Les firmes génèrent également cette dépendance avec les semences résistantes aux herbicides, puisque ce sont ces mêmes firmes qui vendent l'herbicide. La liberté des uns réduit à néant celle des autres

La longue route des gènes modifiés
De nombreuses plantes OGM contiennent des gènes de résistance aux antibiotiques qui ne sont pas utiles pour l'activité de la plante elle-même : il s'agit uniquement des gènes marqueurs insérés en même temps que le gène d'intérêt. Une étude récente du professeur U. Wildi, de l'Institut Forel (Université de Genève) a démontré que :

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le gène de résistance aux antibiotiques (streptomycine et spectinomycine) est détectable 4 ans après l'enfouissement des végétaux OGM
le gène migre naturellement dans les nappes phréatiques et peut se retrouver à des dizaines de kilomètres de son point de départ en restant actif
les bactéries présentes naturellement dans ces nappes peuvent non seulement insérer ce gène, mais également l'exprimer
ceci implique que ce gène peut immuniser ceux qui l'absorbent, rendant inopérants nos antibiotiques humains.

Pas de culture OGM sans contamination des autres champs
Tous les essais en plein champ ont démontré que lorsque deux champs coexistent – un OGM et l'autre pas –, la contamination du champ non OGM est inévitable. Il est évident que le vent porte très loin ces pollens génétiquement modifiés, qui peuvent de ce fait contaminer toute une région. Si certains revendiquent la liberté de pouvoir cultiver des OGM, d'autres revendiquent la liberté de ne pas en avoir dans leurs champs. Et c'est malheureusement tout simplement impossible. (Voir l'étude du FIBL).

Non à la monoculture
Visiblement, l'homme ne sait pas tirer les leçons de son histoire. Au début du siècle dernier, l'Irlande a connu une gigantesque famine. Que s'était-il passé? En fait, les Irlandais ont planté dans leurs champs tous la même espèce de pomme de terre, sans penser un seul instant à maintenir une certaine biodiversité. Du coup, lorsqu'une attaque de mildiou a eu lieu, tous les plants ont été infectés et toute la récolte fut anéantie. Si nos amis irlandais avaient planté différentes espèces de pommes de terre, une partie de leur récolte aurait été épargnée et la famine n'aurait pas été aussi grave. Cette histoire nous montre à quel point nous deviendrons fragiles si tous les agriculteurs se mettent à semer le même type de maïs, colza ou autre. Et c'est exactement ce qui va arriver avec les OGM. Il n'existe pas une variété infinie de maïs Bt. Et cette plante n'est pas invincible. Que se passera-t-il le jour où une maladie attaquera ces champs?

En conclusion, plusieurs arguments militent contre la dissémination de semences OGM sur le territoire Suisse:

Les OGM génèrent des mauvaises herbes et des insectes de plus en plus résistants.
Les OGM conduisent à augmenter l'utilisation des pesticides.
Les effets sur la santé humaine de l'utilisation des OGM ne sont pas suffisamment étudiés.
Le phénomène de dissémination combiné à la résistance des OGM aux herbicides empêche toute coexistence avec les cultures sans OGM.
L'utilisation des OGM diminue la biodiversité.
Les OGM augmentent la dépendance des agriculteurs envers leurs fournisseurs.

La position d'Ecologie libérale sur le sujet est claire: la preuve de l'intérêt des plantes OGM pour notre société n'est pas faite et, plus grave encore, la preuve de la non-toxicité sur la santé humaine non plus. De plus, sachant qu'une fois ces semences disséminées dans la nature le point de non-retour est atteint, nous estimons que le principe de précaution DOIT s'appliquer et que nous ne devons en aucun cas autoriser des disséminations en plein champ. Ceci ne doit pas empêcher la recherche d'avoir lieu, et en particulier celle qui porte sur les impacts des OGM sur la santé humaine et animale.

Pour en savoir plus

www.infogm.org


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Consultez notre bibliographie OGM (cliquez sur les livres)

   
"Réflexions pour un
monde vivable"

Jacques Testart, 2003
"Graines suspectes"
Robert Ali Brac de la Perrière et Franck Seuret

 
Mouvement du centre-droite pour une politique de l'environnement responsable

penser le monde autrement
et agir de manière responsable

     
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